RGDU 2026 : la nouvelle réduction de cotisations patronales
Depuis le 1er janvier 2026, un nouveau dispositif remplace l’allègement de cotisations patronales que les employeurs connaissaient sous le nom de « réduction Fillon ». Il s’appelle désormais la réduction générale dégressive unique (RGDU). Cette réforme modifie le calcul des allègements de charges sur les salaires. Elle concerne la quasi-totalité des employeurs, dont les TPE et PME. Voici ce qu’il faut comprendre pour anticiper son effet sur votre masse salariale.
1. Ce qui change ou ce qu’il faut retenir
La RGDU fusionne en un seul mécanisme trois dispositifs qui existaient auparavant : la réduction générale de cotisations patronales (l’ancienne « réduction Fillon »), le taux réduit de cotisation d’assurance maladie et le taux réduit de cotisation d’allocations familiales.
Le principe reste dégressif. La réduction est maximale pour un salaire au niveau du Smic. Elle diminue ensuite à mesure que la rémunération augmente. Elle disparaît totalement à partir de 3 Smic.
Le changement majeur concerne le plafond. Auparavant, la réduction générale s’arrêtait à 1,6 Smic. Désormais, elle s’étend jusqu’à 3 Smic. Cette extension inclut donc des salaires intermédiaires jusque-là exclus du dispositif.
Autre nouveauté : un socle minimal d’exonération de 2 % s’applique entre le Smic et 3 Smic. Ce socle atténue l’ancien « effet de seuil ». Avant la réforme, un salaire dépassant 1,6 Smic faisait perdre brutalement tout l’allègement.
Cette réforme repose sur l’article 18 de la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2025, précisé par plusieurs décrets d’application.
2. À qui cela s’applique
La RGDU concerne tous les employeurs du secteur privé, quelle que soit leur taille. Les particuliers employeurs en sont exclus.
Elle s’applique aux salariés qui remplissent trois conditions cumulatives. Ils sont titulaires d’un contrat de travail, tous types confondus (CDI, CDD, temps partiel, alternance). Ils relèvent de l’assurance chômage obligatoire. Enfin, leur rémunération reste inférieure à 3 Smic.
Pour l’année 2026, le Smic brut mensuel de référence est fixé à 1 823,03 € (base 35 heures). L’allègement s’applique donc tant que la rémunération brute reste inférieure à 5 469,09 € par mois, soit 65 629,20 € par an.
Point de vigilance important : la prime de partage de la valeur (PPV) entre dans la rémunération prise en compte pour ce calcul. Une prime élevée peut donc réduire l’allègement, voire faire franchir le seuil de 3 Smic.
3. Impacts concrets pour les entreprises
Pour les salaires proches du Smic, l’allègement de cotisations patronales reste très important. Il peut atteindre près de 40 % de la rémunération brute. À ce niveau de salaire, l’effet sur le coût du travail est donc préservé.
Pour les salaires intermédiaires, l’impact est plus nuancé. Certaines rémunérations comprises entre 1,6 et 3 Smic deviennent désormais éligibles. D’autres niveaux de salaire peuvent, à l’inverse, se révéler moins avantageux qu’avant. Tout dépend de la structure de votre masse salariale.
La suppression des taux réduits maladie et allocations familiales modifie aussi les calculs. Ces taux réduits sont maintenus uniquement pour quelques dispositifs spécifiques : les exonérations d’outre-mer (Lodeom), le dispositif agricole TO-DE ou encore l’aide à domicile auprès de personnes fragiles.
Sur le plan pratique, votre logiciel de paie doit intégrer la nouvelle formule de calcul. Un paramétrage erroné entraîne un risque d’anomalies en déclaration sociale nominative (DSN) et de régularisation lors d’un contrôle Urssaf. Sur le bulletin de paie, la ligne porte le libellé « Réduction générale dégressive unique (RGDU) ».
Exemple chiffré (entreprise de moins de 50 salariés)
Comparons deux salariés à temps plein.
- Un salarié rémunéré au Smic (1 823,03 € brut/mois) ouvre droit à l’allègement maximal. Celui-ci représente environ 726 € par mois, soit près de 8 700 € par an.
- Un salarié rémunéré 3 500 € brut/mois (42 000 € par an) relève de la partie dégressive. L’allègement tombe à environ 214 € par mois, soit près de 2 570 € par an.
Plus le salaire augmente, plus l’allègement diminue. Il s’annule totalement au-delà de 5 469,09 € brut par mois (3 Smic). Ces montants correspondent à une entreprise de moins de 50 salariés. Ils varient légèrement selon le taux de contribution au Fnal et la convention collective applicable.
4. Points de vigilance et bonnes pratiques
Un point technique mérite votre attention en 2026. À la suite de la revalorisation du Smic au 1er juin 2026, un décret du 12 juin 2026 a gelé la valeur du Smic utilisée pour la RGDU. Le calcul retient donc le Smic applicable au 1er janvier 2026, et non celui de juin. Deux valeurs de Smic coexistent ainsi cette année : celle versée au salarié et celle servant au calcul de l’allègement. Votre gestionnaire de paie doit veiller à appliquer la bonne référence.
Vérifiez également le paramétrage de votre logiciel avant chaque clôture de paie. Une régularisation annuelle est prévue en fin d’exercice. Un calcul faux en cours d’année se répercute sur cette régularisation.
Anticipez enfin l’effet des primes et augmentations. Comme la PPV entre dans l’assiette, une décision de rémunération peut réduire l’allègement attendu. Il est utile de simuler l’impact avant de décider.
À noter : la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 prévoit une règle particulière pour les branches dont le salaire minimum conventionnel est inférieur au Smic. Dans ce cas, ce salaire conventionnel servirait de référence. Cette disposition reste toutefois en attente d’un décret d’application pour devenir effective.
5. L’accompagnement par votre expert-comptable
La paie est une matière technique et évolutive. La RGDU en est une illustration : entrée en vigueur au 1er janvier 2026, elle a déjà été ajustée en cours d’année.
Un expert-comptable sécurise le paramétrage de votre logiciel de paie et fiabilise vos déclarations sociales. Il vérifie que la bonne valeur de Smic et le bon coefficient sont appliqués. Il anticipe l’effet des primes et des augmentations sur vos allègements. Il vous alerte enfin en cas d’évolution réglementaire.
Cet accompagnement limite le risque d’erreur, de redressement Urssaf et de mauvaise surprise budgétaire.
Conclusion
La RGDU simplifie le paysage des allègements de cotisations en fusionnant trois dispositifs en un seul. Elle élargit la réduction jusqu’à 3 Smic et adoucit l’ancien effet de seuil. Mais elle impose une vigilance nouvelle : formule de calcul modifiée, valeur du Smic gelée en 2026 et intégration des primes dans l’assiette. Pour un dirigeant, l’enjeu est double : fiabiliser ses bulletins de paie et maîtriser le coût réel de sa masse salariale.
Comment le cabinet Pagny Associés en Seine-et-Marne (77) peut-il vous accompagner ?
La gestion de la paie représente un enjeu de conformité et de trésorerie pour toute entreprise employeuse. La réforme des allègements de cotisations rend ce suivi plus sensible encore en 2026.
Dans ce contexte, la gestion de la paie nécessite une approche rigoureuse, intégrant des dimensions sociales, déclaratives et financières.
Les équipes du cabinet Pagny Associés accompagnent les employeurs à chaque étape : paramétrage du logiciel de paie, calcul des allègements, établissement des bulletins, déclarations sociales et veille réglementaire.
Cet accompagnement permet d’anticiper les obligations, de sécuriser les calculs et de piloter le coût du travail dans des conditions adaptées.
Avec 120 collaborateurs répartis dans 10 cabinets en Seine-et-Marne – à Chessy, Meaux, Lagny-sur-Marne, Serris, Chelles, Brou-sur-Chantereine, Champs-sur-Marne, Pontault-Combault, Gretz-Armainvilliers et Coulommiers – le cabinet Pagny Associés intervient aux côtés des entrepreneurs pour structurer leur gestion sociale et accompagner leur développement.
Pour aller plus loin, consultez nos contenus dédiés : la gestion de la paie : les bases à connaître, notre fiche technique sur les cotisations sociales (ou charges sociales) et notre guide pour maîtriser les bases de la rémunération de vos salariés.
Sources officielles : le fonctionnement de la RGDU sur economie.gouv.fr, la fiche officielle service-public.fr et le portail de l’Urssaf.
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